Amnesty : En Syrie, plus de 500 civils malades et blessés toujours bloqués

La source : Amnesty

En Syrie, 529 patients attendent toujours une prise en charge médicale d’urgence. Le gouvernement syrien doit permettre leur évacuation immédiate de la Ghouta orientale assiégée.

Les médecins et autres professionnels de la santé de la Ghouta orientale ne sont pas en mesure de dispenser des soins médicaux adaptés en raison de la pénurie de matériel chirurgical, de matériel médical et de médicaments, en particulier pour le traitement de maladies chroniques telles que le cancer, les troubles cardiaques et le diabète.

Les malades, monnaie d’échange du gouvernement syrien

Le 27 décembre 2017, le gouvernement syrien a approuvé l’évacuation sanitaire de 29 personnes dans un état critique depuis la Ghouta orientale. 17 mineurs, six femmes et six hommes ont été transférés dans des hôpitaux à Damas, où ils sont pris en charge pour des blessures ou des maladies graves.

Des professionnels de la santé ont confirmé les informations selon lesquelles l’accord pour l’évacuation avait été donné à l’issue de négociations ayant abouti à la libération de personnes détenues par l’opposition armée.

Au total, 572 personnes attendaient le feu vert du gouvernement syrien pour bénéficier d’une évacuation pour raisons médicales depuis le mois de juillet 2017. Selon des professionnels de la santé de la Ghouta orientale, 14 personnes sont mortes alors qu’elles attendaient une évacuation sanitaire.

Les 529 autres patients blessés ou malades ont toujours besoin d’une prise en charge médicale urgente.

La Ghouta orientale assiégée

Assiégée par les forces gouvernementales et proche de Damas, la Ghouta orientale est une région où vivent 400 000 civils.

En février 2017, les autorités syriennes ont fermé tous les tunnels de contrebande qui permettaient depuis plusieurs années de faire entrer un minimum de nourriture, d’eau et de fournitures médicales. Le 3 octobre, le gouvernement syrien a renforcé le siège en fermant le dernier point d’entrée dans la ville de Douma, le poste de contrôle d’al Wafideen, empêchant l’accès de l’aide médicale et humanitaire et entravant la liberté de circulation de la population civile.

Seuls deux convois d’aide ont été autorisés à entrer depuis lors, mais toutes les fournitures médicales qu’ils contenaient ont été saisies par les autorités.

Depuis le mois d’octobre, la situation humanitaire dans la Ghouta orientale s’est fortement détériorée, en raison de l’augmentation fulgurante des prix des médicaments et des produits alimentaires de base, comme le lait et le pain.

En novembre 2017, nous avions publié un rapport sur les déplacements de masse à l’intérieur de la Syrie qui dénonce la stratégie gouvernementale de recourir à des sièges prolongés pour déplacer de force la population locale. Les forces gouvernementales syriennes ont intensifié dans le même temps les frappes aériennes et les tirs d’artillerie sur la Ghouta orientale en utilisant des armes à sous-munitions interdites de fabrication soviétique et des roquettes improvisées, tuant et blessant des civils.